Michèle Brabo, disparition d'une femme photographe

Michèle Brabo, membre de la Société française de photographie depuis de longues décennies nous a quittés à l’âge de 96 ans en ce début février 2013. Dans son appartement de la rue Saint-Honoré, elle laisse derrière elle un fonds photographique d’ampleur : 3938 planches contacts, c’est-à-dire environ 141 768 négatifs mais aussi des tirages datant des années 1960/70 qui n’ont pas encore livré tous leurs secrets.

Son Leica à la main, Michèle Brabo n’a jamais arrêté de faire de la photographie. Elle commence son travail photographique dans les années 1960 en s’intéressant à la Camargue, lieu qu’elle a aimé et où elle a vécu en animant une galerie d’art. C'était une femme à plusieurs facettes et la photographie n'a pas été son seul talent; elle a été musicienne, actrice, danseuse, réalisatrice... Baroudeuse, pleine de vie avec un humour et un second degré à toute épreuve, libre, ambitieuse, elle a mené une vie de féministe qui a été très vite en rupture avec son éducation bourgeoise. Michèle Brabo a su s’imposer comme une photographe accomplie en effectuant de nombreux voyages à New York, Venise, en Afghanistan, à Paris ou encore en Afrique. De nombreux thèmes ont été des fils conducteurs dans son travail, elle s’est intéressée aux gens du voyage, à sa Camargue, aux Halles de Paris et à son quartier. Elle a publié trois ouvrages. L’un en 1961 rédigé par Michel Droit intitulé "La Camargue" éditée chez Arthaud. Son "Itinéraire affectif d’une photographe" édité par Recherches en 1998 présente de nombreux portraits de personnalités qu’elle a connus, aimés, rencontrés comme Jacques Tati et Pierre Etaix avec qui elle a longuement travaillés, André Dunoyer de Segonzac, Maurice Béjart, Jean-Claude Carrière, José Reyes, André Hambourg, Michel Droit, Eugène Ionesco, Haïm Soutine, Manitas de Plata et tant d’autres qui ont partagé des moments de sa vie et sur lesquels elle pose un regard bienveillant. Elle publie au Seuil son dernier ouvrage Le vent du destin, manouches, roms & gitans en 2005 où elle offre les visages des Fils du Vent : nomades, amoureux de la liberté, avec un vrai un sens de la musique. C’est dans cette insouciance de vivre et cette fantaisie heureuse que Michèle Brabo se retrouvait.

Le manuscrit illustré de son autobiographie, "Mémoires en zig zag", est posé sur son bureau, quelques privilégiés l’ont consulté, il attend son éditeur.

Commentaires

1. Le vendredi 15 février 2013, 18:22 par Céleste Massol

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