Alexis CORDESSE : Prix ARCIMBOLDO 2011

Le prix Arcimboldo cuvée 2011 a été attribué hier soir au travail d'Alexis Cordesse intitulé Border Lines. L'association des Gens d'image, soutenue désormais par Swiss Life dans cette aventure qui récompense, expose et passe commande à des artistes faisant appel aux technologies numériques, signe un choix audacieux.

Les travaux regroupés sous le titre Border Lines ont été réalisés lors de séjours à Jérusalem. La mise en œuvre de ces images fait foncièrement appel aux technologies numériques; basées sur un montage au format panorama, les images entretiennent avec la réalité un rapport utopique et descriptif.

Les scènes ont toutes été observées à partir d’une topographie précise, mais selon des temporalités différentes. Ainsi, dans le même lieu, les désaccords de temps se trouvent re-synchronisés par l’image et ses coutures laissées apparentes : la ville sainte devient un espace de rencontres possibles, de scènes imaginées tout en restant présente dans sa réalité topographique.

Retravaillées par calques successifs, les prises de vues fonctionnent comme un carnet de croquis et de notation visuelle. Le travail numérique n’est pas mobilisé pour produire une gamme d’effets mais pour requalifier le réel, il s’agit donc d’un usage profond du numérique qui conditionne un rapport au monde. Le monde dont Cordesse nous parle ici , en ce lieu si symbolique et généralement pris dans les stéréotypes médiatiques, est une grande scène où le quotidien rejoint les enjeux historiques des civilisations qui s’y côtoient.

L’artiste exerce ainsi, à partir des problématiques de traitement de l’image, une pratique qui se tient à mi chemin entre la réflexion sur la responsabilité des photographies et sur le potentiel imaginaire qu’elles déploient. Attestant, s’il en était encore besoin, que les arts du numérique sont sortis du temps de l’exploration candide de leur ressources expressives pour se muer en de véritables instruments d’innovation créatrice.

Déjà récompensé en 2010 par le Prix Lucien Hervé, ce travail mené à Jérusalem grâce à une bourse de recherche du Cnap vient enrichir les multiples approches des photographes français sur la région. En effet, il y a une passion pour Jérusalem depuis quelques années : Anne-Marie Filaire, Valérie Jouve, Marie-Noëlle Boutin, Alexis Cordesse et en ce moment Valentine Vermeil (toujours grâce au Cnap)... A quand une exposition les réunissant ?

Commentaires

1. Le vendredi 8 avril 2011, 14:05 par Michel Poivert

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