La recherche et ses mécènes

On l’a appris ces jours-ci: la maison de champagne Roederer a attribué deux bourses de recherche à des travaux menés à partir des collections et projets de la Bibliothèque nationale de France en matière de photographie. Les lauréats, dont nous nous félicitons qu’ils comptent parmi les plus proches collaborateurs de la Société française de photographie: Paul-Louis Roubert et Thierry Gervais, inaugurent ainsi une politique en plein développement en France, celle d’un encouragement des mécènes sur une voie moins uniquement tournée vers la publicité mais vers une communication dont la base repose sur des valeurs essentielles, celles de la connaissance et du patrimoine. Sans angélisme, il faut toutefois noter l’évolution de telles politiques: jugées parfois trop coûteuses, celles qui consistent à organiser de grands événements cèdent parfois le pas à des aventures plus discrètes mais, disons-le, qui conviennent bien plus à une recherche en bonne part délaissée par l’institution publique. On annoncera ici, en avant-première, la création d’une autre bourse de recherche qui sera mise en place à l’automne, fruit d’un partenariat entre la Fondation Neuflize Vie pour la photographie contemporaine et l’Institut national d’histoire de l’art.

A l’initiative des administrateurs du plus important mécène pour la photographie en France, Neuflize établit un lien direct avec le monde savant et universitaire pour créer une bourse annuelle dôtée de 15.000 euros qui vise à aider les doctorants inscrits dans les universités françaises. Ce projet, dont les éléments techniques seront bientôt disponibles sur les sites de recherche, s’inscrit dans la logique qui a présidé au partenariat Neuflize Vie/Société française de photographie visant à l’édition de la revue Études photographiques. Qui verra ici naître une concurrence entre mécènes de la photographie ne se trompera pas de beaucoup. On observe en effet, sur un plan national, un phénomène de compétition marquée entre HSBC et Neuflize pour supporter l’action des grands musées: ironie de l’histoire donc, où les acteurs cherchent parfois désespérément des partenaires pour réaliser leurs projets, et où ces mêmes partenaires se disputent les meilleurs initiatives du moment! Gageons que la recherche y trouvera les moyens de financer de nouveaux projets.

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