Enfin l'écran-tableau!

image Les pratiques de l'image évoluent à vive allure. Depuis 2004, l'essor de la photographie numérique grand public s'était appuyé sur une nouvelle génération d'imprimantes couleur à prix modique. Permettant la réalisation de tirages de bonne qualité chez soi, celles-ci autorisaient une transition en douceur de l'univers argentique vers le monde digital, autour d'un support concret, conforme à l'usage alors en vigueur. Pourtant, tous ceux qui ont depuis plongé dans la pratique numérique se sont aperçus qu'ils délaissaient progressivement l'impression papier, au profit de la consultation des images sur les écrans de leurs ordinateurs - plus grands, plus lumineux, ceux-ci offraient une visualisation plus agréable que les médiocres tirages du commerce. L'association d'un logiciel comme iPhoto avec la gamme des portables blancs G4 de Macintosh restera la marque d'une période où la photographie familiale a réinventé la pratique de l'album.

L'étape suivante s'annonce à travers un dispositif comme l'écran-tableau, qui permet d'afficher sa photothèque sur les murs de son salon. Un rêve de gosse (ou de conservateur) qui n'est déjà plus une utopie. Spécialisée dans la production de ces portfolios numériques, la société PhotoVu™ (”Out of the shoebox and onto the wall”) vient d'annoncer la sortie de son nouveau modèle, le PV1955, un écran de 19 pouces (1280 x 960 pixels) compatible avec les reflex numériques de dernière génération (voir illustration). Pourvu d'une connectique USB 2.0 Wi-Fi, l'écran peut communiquer sans fil avec l'ordinateur, être relié à internet ou encore être muni d'un espace de stockage autonome. Commercialisé au prix de 1199 $, un tel dispositif permet d'imaginer sans peine les applications que nous ne tarderons pas à voir concrétisées, du salon du particulier aux stands d'exposition - et pourquoi pas, dans quelques années, sur les cimaises des musées.

Commentaires

1. Le vendredi 6 janvier 2006, 11:44 par Ertaud Guillaume

Hum, hum ! L'évolution technologique a-t-elle un train de retard ?
Le catalogue des travaux universitaires de la sfp fait en effet mention d'un travail de 1994 concernant le "tableau photographique" (www.societefrancaisedepho... ). Preuve si il en est du caractère très "up to date" des recherches à la sfp !!!!

2. Le dimanche 8 janvier 2006, 12:32 par Didier Roubinet

Excusez-moi, André, mais voilà me semble-t'il une vraie "non-information".
Depuis plusieurs années, rien (sauf $$) n'empêche personne d'accrocher un écran LCD ou plasma au mur et d'y visionner des œuvres d'art, et certaines élites fortunées ne s'en sont pas privé.
L'art vidéo (la cinéplastique jadis chère à Elie Faure?) a été le premier à se saisir de l'aubaine, avec des CDs puis des DVDs qui tournaient en boucle.
Ici et maintenant, la nouveauté ce serait quoi? Le sans-fil? De toute façon il faut bien alimenter l'écran.
Très amicalement.
DR

3. Le dimanche 8 janvier 2006, 14:14 par André Gunthert

Cher Didier, merci de ces précisions, vous me donnez l'occasion d'affuter un peu mon billet. En suivant le lien que j'indique ci-dessus, on peut vérifier que la société PhotoVu™ ("custom manufacturer of wireless digital picture frames which allow the display of digital content on the wall") existe - et donc produit de tels écrans - depuis 2004. L'information communiquée à Las Vegas le 6 janvier dernier concerne, non le premier 19", mais "the world’s most powerful wireless digital picture frame" (capable d'afficher des images de 16.7 megapixels).
Cela précisé, je ne suis pas d'accord avec votre façon de poser un problème familier de l'histoire des techniques. Il est certes possible de fixer au mur un écran plasma, branché sur - mettons - un MacMini, immobilisé pour diffuser une copie de votre photothèque - le total de l'addition irait tout de même chercher dans les 3000 €, support compris. Mais l'avez-vous fait? Pas moi. Pourquoi? Parce qu'une capacité ne s'inscrit dans le quotidien qu'à partir d'un certain seuil, qui combine au caractère pratique un niveau de prix acceptable, sans oublier la dimension de la reconnaissance sociale. Vous vous souvenez de Niépce et Daguerre? Bien sûr, il était "possible" d'inventer la photo ou même de réaliser cahin-caha des épreuves dès les premières années du XIXe siècle (Arago lui-même s'y est essayé avant Niépce). Ce n'est qu'en 1839 que la photographie devient un fait social, à partir de la commercialisation, non d'un prototype expérimental, mais d'un kit complet muni de son mode d'emploi (version primitive du futur "plug and play"). De même, réfléchissez à notre écran plasma monté sur MacMini: outre le fait qu'il ferait un peu bricolage dans le salon, il faudrait penser à l'éteindre la nuit, puisqu'il consommerait tout de même ses 300 W/h, ce qui ne cadre pas bien avec une fonction décorative - et pas question d'en mettre un deuxième dans la salle à manger! En revanche, pour des raisons pratiques, le dispositif proposé par PhotoVu™ témoigne de la maturité d'un projet désormais compatible avec un usage réel, et pas seulement fantasmé. Voilà ce que je souhaitais noter.

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