exposition "Dora Maar"

Dora Maar

Participation de la SFP à l'exposition, présentée :

  • Centre Pompidou, Paris - 5 juin 2019 - 29 juillet 2019
  • Tate Modern, Londres - 20 novembre 2019 au 15 mars 2020
  • J. Paul Getty Museum, Los Angeles - 21 avril 2020 au 26 juillet 2020

 

Pierre KÉFER & Dora Maar (Henriette Theodora MARKOVITCH) - « 364c Chevelure de femme » [Femme aux cheveux avec savon], c. 1934. Tirage argentique, image : 28,8x39,4cm, carton : 43x46,7cm. (frSFP_0612im_EP_0002)

« À Dora aux visages divers et toujours beaux. » La dédicace qu’adresse Lise Deharme à son amie Dora Maar dans un exemplaire du Cœur de Pic (1937) résume poétiquement les diverses facettes de sa carrière artistique : entre photographie et peinture, entre révolte surréaliste de jeunesse et introspection existentielle marquant son parcours de peintre après la Seconde Guerre mondiale.

Avec la collaboration du J. Paul Getty Museum et le partenariat de la Tate Modern, l’exposition organisée par le Centre Pompidou a pour but de mettre en lumière pour la première fois dans un musée national français l’œuvre de Dora Maar en tant qu’artiste, et non uniquement comme muse et maîtresse du peintre espagnol Pablo Picasso. Alors qu’elle reste pour beaucoup le modèle de La femme qui pleure, Dora Maar bénéficie néanmoins depuis un certain temps d’une réception critique et d’une reconnaissance au sein des études dédiées au surréalisme et à la photographie. À ce titre, plusieurs expositions organisées par le Musée national d’art moderne, « Explosante fixe » ou encore plus récemment « La Subversion des images » et « Voici Paris » accordaient une place privilégiée à l’activité surréaliste de Dora Maar, au travers de ses photographies énigmatiques telles le Portrait d’Ubu ou encore Le Simulateur, photomontage entré dans les collections dès 1973. Le don du Simulateur inaugure l’intérêt constant du Centre Pompidou pour l’œuvre photographique de Dora Maar. Les années 1980 et 1990 sont marquées par diverses acquisitions complétées en 2011 par l’entrée de dix tirages de la collection Bouqueret. En 2004, l’achat de son fonds d’atelier, composé de quelque mille huit cent quatre-vingt-dix négatifs et deux cent quatre-vingt tirages contacts fait de l’ensemble conservé au Musée national d’art moderne une des plus importantes collections publiques de l’œuvre de Dora Maar. La numérisation récente de ses négatifs rend désormais accessible ses travaux à un large public de chercheurs et d’amateurs. Parmi les grands fonds de photographes conservés dans les collections – Brancusi, Brassaï, Eli Lotar, Man Ray –, Dora Maar est la seule à ne pas encore avoir fait l’objet d’un projet de valorisation d’ampleur. Grâce à des archives inédites et à une collaboration scientifique étroite entre les équipes de conservation du Centre Pompidou et du Getty, la rétrospective Dora Maar retrace le parcours de cette artiste indépendante à travers plus de quatre cents œuvres et documents : de ses premières commandes pour la mode et la publicité, en tant que photographe de studio, à ses engagements politiques dont témoignent ses photographies de rue, en passant par sa participation au surréalisme et sa rencontre avec Picasso. Enfin, l’exposition nous offre un éclairage particulier sur son œuvre de peintre, activité à laquelle elle s’est consacrée pendant près de quarante ans.

À l’instar de ses consœurs Laure Albin Guillot,Rogi André, Nora Dumas ou encore Germaine Krull, actives comme elle dans l’entre-deux-guerres, Dora Maar appartient à cette génération de femmes qui s’émancipent professionnellement et socialement au travers du métier de photographe, alors en plein renouvellement avec le développement de la presse illustrée et de la publicité. Dora Maar se forme à la photographie à la fin des années 1920 après des études d’art graphique au Comité des dames de l’Union des arts décoratifs. Privilégiant le travail en studio comme son mentor  Emmanuel Sougez, elle s’associe avec Pierre Kéfer, décorateur de cinéma, de 1931 à 1935. « Kéfer-Dora Maar » devient le nom et le crédit officiel du studio présents sur les tirages et les publications de l’époque, y compris lorsque Dora Maar ou Pierre Kéfer travaillent chacun de leur côté sur des projets. L’entregent de Kéfer leur permet de se spécialiser dans le portrait, la mode ainsi que l’illustration publicitaire pour le secteur cosmétique. L’exposition accorde ainsi une place centrale à Dora Maar, photographe professionnelle, douée d’une inventivité alliant une redoutable maîtrise technique et le déploiement d’un univers onirique, louée par ses contemporains.

« Si attentive qu’elle soit à étudier la matière de quelques objets de choix, des fleurs, des coquillages, de tous les fruits de la terre et de la mer, Dora Markovitch est encore plus attirée par les spectacles de la rue », note le critique Jacques Guenne dans L’Art vivant en 1934. En parallèle du studio, Dora Maar diversifie en effet sa pratique en descendant dans la rue, à l’affût de scènes insolites, énigmatiques et parfois documentaires. À partir de 1933, Dora Maar photographie la jeunesse populaire des Ramblas de Barcelone, la Zone, quartier paupérisé et marginalisé, à Paris, ainsi que les laissés-pour-compte de la société anglaise. Ces incursions hors du studio coïncident avec son engagement politique et son attention aux différences sociales l’amenant à signer et à rédiger quelques manifestes auprès de divers réseaux : celui de Georges Bataille, celui du Groupe Octobre mené par Jacques Prévert et Louis Chavance ainsi que celui de la section photo de l’AEAR (Associations des écrivains et artistes révolutionnaires, fondée en 1932).  Elle expose aux côtés des photographes – Henri Cartier-Bresson, Nora Dumas, Germaine Krull, Jacques Lemare, Eli Lotar, René Zuber entre autres – de l’association militante à l’occasion de l’exposition « Documents de la vie sociale » en mai 1935 organisée à la galerie de la Pléiade. Cet engagement politique en faveur de l’antifascisme la rapproche également des surréalistes avec qui elle entame une complicité intellectuelle et artistique vers 1933. Une des photographies qu’elle prend de l’atelier Giacometti sera publiée dans L’Amour fou de Breton en 1937. Sous le sceau du surréalisme, Dora Maar fusionne l’art et la vie invitant les surréalistes à poser dans son studio du 29 rue d’Astorg, qu’elle tient désormais seule, et entretient des amitiés fortes, notamment avec Paul Éluard et sa compagne Nusch. Faisant sien l’inconscient, la quête du monde intérieur, Dora Maar met sa technique au service de multiples photomontages et de photographies énigmatiques tel le 29, rue d’Astorg ou encore le Portrait d’Ubu et Le Simulateur, tous deux présentés lors de plusieurs expositions surréalistes à partir de 1935.

C’est ce même réseau surréaliste qui lui fait rencontrer Pablo Picasso, entre la fin 1935 et le début 1936, selon les sources. Dora Maar photographie Picasso en premier dans son studio rue d’Astorg puis initie le peintre à des expérimentations en chambre noire donnant lieu à la fameuse série des clichés verre comme s’en rappelle Dora Maar dans un entretien avec l’historienne Victoria Combalia en 1995 publié dans Artpress (n°199) : « C’est lui qui en a eu l’idée. Je lui ai montré la technique, il a peint les plaques. ». Leur complicité les mène à collaborer au printemps 1937 autour de Guernica, commande du gouvernement républicain pour le pavillon espagnol de l’Exposition universelle à Paris. Révélant le processus de création de la fameuse toile, Dora Maar en photographie les diverses étapes pour Christian Zervos, directeur de la revue et de la galerie Cahiers d’art. La publication dans des revues internationales assure une large diffusion médiatique de la toile et de son message.

La fascination mutuelle des deux artistes les conduit à entretenir une liaison de près de huit ans entre 1936 et 1943. Pendant ces années, Dora Maar se réinvente sur le plan artistique. Si elle expose encore des photographies en 1939, la peinture prend de plus en plus de place dans ses recherches. D’abord inspirée par Picasso, elle trouve son style durant l’Occupation dans des peintures intimes, empreintes d’un sentiment de solitude et de gravité propre à la période. Plus tard, après une expérience poétique avec André du Bouchet pour le recueil Sol de la Montagne, Dora Maar se dédie à un travail sur le paysage l’amenant vers une abstraction gestuelle à partir de la deuxième moitié des années 1950. Jusqu’à la fin de sa vie, Dora Maar peint, écrit, dessine, étudie sur le motif, expérimente mais ne montre pas son travail et expose encore moins, partageant sa vie entre ses ateliers de Paris et de Ménerbes, village du Luberon. La dispersion de son atelier à partir de 1998 a offert aux amateurs et spécialistes une fenêtre éphémère sur cet aspect méconnu de sa carrière de peintre et notamment son retour surprenant à la photographie au cours des années 1980. Avec les moyens qui lui sont accessibles, elle réalise des photographies sans appareil, des photogrammes avec ses gestes de peintre ; des dessins de lumière symbolisant la réconciliation de ces deux modes d’expression qui lui sont chers."

Karolina Ziebinska-Lewandowska & Damarice Amao
Commissaires de l’exposition

L’art photographique publicitaire

   En novembre 1935, le rédacteur en chef de la revue L’Instantané, Journal mensuel de tout amateur photographe Frédéric de Lanot donne à la séance de Section critique une causerie sur « L’art photographique publicitaire ». Construit en deux temps, son exposé retrace l’histoire de la publicité de  […]

Lire la suite

Études photographiques

Études photographiques : -50% sur tous les numéros disponibles https://sfp.asso.fr/etudes-photographiques-vm/numero-issue  […]

Lire la suite

Offre de stage SFP

Appel stagiaire à la Société française de photographie Marcel FRILLEY - "Salomon Rosenblum, 27/02/1928" - frSFP_0907im_SP_0087 Description de l’association Association fondée en 1854 par un groupe d’amateurs, de scientifiques et d’artistes, reconnue d’utilité publique en 1892, la Société  […]

Lire la suite

Les voyages d'Eugène SUEUR

   Inventaire de la collection Eugène SUEUR    Eugène SUEUR (20 juillet 1844 - 20 août 1924) est un photographe amateur, membre de la Société d'excursions des amateurs de photographie (SEAP) entre 1896 et 1924. Cette collection comporte des vues de ses divers voyages à travers le monde, qu’il  […]

Lire la suite

Fermeture de fin d'année

La SFP sera fermée du 22 décembre 2018 au 7 janvier 2019. Belles fêtes à toutes et tous! Charles ADRIEN, Une femme dans une serre, s.d., autochrome

Braderie de Noël à la SFP les 20 et 21 décembre

Ami.e.s, adhérent.e.s, curieux et curieuses, La SFP vous convie à sa traditionnelle braderie hivernale, l'occasion de découvrir l'association et préparer Noël. Vous y trouverez des tirages modernes d’œuvres issues de la collection, dont une sélection exceptionnelle d’épreuves tirées en quadrichromie  […]

Lire la suite

Exposition "Les Nadar, une légende photographique"

Les Nadar, une légende photographique à la BnF François-Mitterrand, du 16 octobre 2018 au 03 février 2019 Nadar jeune (Adrien TOURNACHON) - Pifferaro, circa 1857, coll. SFP (frSFP_0853im_EP_0002)   Les Nadar, une légende photographique. « La Bibliothèque nationale de France propose la première  […]

Lire la suite

Fonds William Henry Fox TALBOT

Mise en ligne du fonds William Henry Fox TALBOT : https://www.sfp.asso.fr/photographie/index.php?/category/76 William Henry Fox TALBOT - Summit of the tower of Lacock Abbey taken from the roof of the building. 1840. Dessin photogénique, 15 x 18,8 cm. (frSFP_0412im_EP_0007)    

Rentrée de la SFP, réouverture au public

C'est la rentrée de la SFP, réouverture au public les lundis & jeudis après-midi (sur rendez-vous). https://www.sfp.asso.fr/index.php/fr/contacts-adresse Lucien LORELLE - "Composition", exposée au XXVe Salon International d'Art Photographique, octobre 1930 à la Société française de  […]

Lire la suite

La SFP part en vacances

La Société Française de Photographie sera fermée du 16 juillet au 6 septembre 2018. Nous vous souhaitons un bel été. [Homme de dos sur des rochers au bord de la mer], Comte de DALMAS, entre 1900 et 1909. - 1 photographie positive transparente : verre autochrome, couleur ; 9 x 12 cm,  […]

Lire la suite

Sur le front

Mise en ligne de la série "Sur le front. Première guerre mondiale, 1914-1918" : https://sfp.asso.fr/photographie/index.php?/category/71   "La manille dans la tranchée" anonyme (877). circa 1914-1918. Plaque de verre stéréoscopique positive, 5,8 x 13 cm. frSFP_0877im_SP_0289   

Études de nuages d'Alfred ANGOT

Alfred ANGOT (1848-1924) Né en 1848, Alfred Angot compte parmi les pionniers de la climatologie française. Nombreuses sont les publications qu’il fonde sur ses expériences scientifiques et ses observations  photographiques. Entre 1890 et 1894, il installe au sommet de la Tour Eiffel un observatoire  […]

Lire la suite

Le Club des 30x40 en Mai 1968 dans le dernier Polka Magazine

"Kiosque : dans le dernier Polka Magazine (#41, mars-avril-mai 2018), 18 pages sur la photographie en Mai 68 avec beaucoup d'images inédites dont de nombreuses provenant des archives du dernier photo-club de Paris, le club des 30x40, conservées à la SFP ! À voir à partir du 17 avril à la BnF  […]

Lire la suite

Participation de la SFP à l'exposition «L’évasion photographique. Adolphe BRAUN», présentée le 17 février au 14 mai 2018 au Musée Unterlinden de Colmar

"Du 17 février au 14 mai 2018, le Musée Unterlinden de Colmar présente une rétrospective consacrée au photographe Adolphe Braun (1812-1877). Braun a été un photographe français parmi les plus influents du 19e siècle. Conçue par le département de photographie du Stadtmuseum de Munich, cette  […]

Lire la suite

Sites archéologiques en Tunisie photographiés par le Duc De NOAILLES (circa 1858)

« M . le duc de Noailles fait hommage à la Société d’une série d’épreuves obtenues dans la régence de Tunis ; les sujets de ces épreuves sont des monuments, des ruines romaines, dont la reproduction photographique offre un grand intérêt, ces remarquables monuments n’ayant pas encore été relevés  […]

Lire la suite

Haut de page